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Crescendo Magazine

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Un voyage enivrant au Brésil et en Argentine avec Fabio Martino

Le pianiste brésilien Fabio Martino nous invite avec ce nouveau disque à découvrir des compositeurs d’Amérique latine du 20e siècle, un voyage enivrant au Brésil et en Argentine. Musiques gorgées de soleil, les morceaux choisis ont une couleur, un mouvement, une pulsation unique.  Aussi indéfinissable que “l’âme russe”, c’est un mélange de mélancolie diffuse, de gaieté franche et naturelle, d’une nostalgie agréable et douloureuse en même temps. C’est un répertoire fascinant que Fabio Martino maîtrise à la perfection : puissance, élégance, raffinement, poésie, lyrisme, jeu aérien et multicolore, sont autant de qualificatifs qui viennent immédiatement en tête à l’écoute de ce recueil de pures merveilles pour la plupart moins connues en nos contrées. Le virtuose met sa fabuleuse technique au service de ces œuvres aussi simples en apparence que difficiles d’exécution.

Bien que les quatre compositeurs soient du même continent, la musique de chacun est distincte et caractérisée par ses origines culturelles. De Heitor Villa-Lobos, on admire le Chôros n°5 – Alma brasileira,  le seul Chôros écrit pour piano solo, et le Ciclo Brasileiro qui comptent parmi les oeuvres favorites du répertoire brésilien pour piano. Cette nouvelle version est captivante : rythme ferme et tendu, presque décalé, mêlé à un rubato subtil : c’est à la fois rigoureux et presque improvisé. 

Les Danzas Argentinas, oeuvres de jeunesse d’Alberto Ginastera, utilisent des éléments rythmiques et mélodiques directement issus du folklore des régions intérieures de l’Argentine, bien qu’il y ait quelques influences de Stravinsky et de Bartók. Tout le monde connaît l’interprétation légendaire de Martha Argerich, mais la lecture de Martino est vigoureuse, mordante et énergique.

On découvre la Sonatine en sol mineur de l’Argentin Carlos Guastavino. Les deux premiers mouvements sont tout en poésie et en douceur, le dernier mouvement est une suite de rythmes brillants, de polyrythmie et de riches harmonies. Martino chante et nous enchante !

Camargo Guarnieri est considéré comme le plus important compositeur brésilien après Heitor Villa-Lobos. Il compose une musique nationale aux harmonies épicées. Sa Dança Selvagemest une musique dissonante avec des accents agressifs et des rythmes irréguliers, inspirée de la musique des populations indigènes de l’intérieur du Brésil. La Dança Negra est la composition la plus populaire de son oeuvre.  Inspirée après avoir assisté à une cérémonie de “Candomblé” à Bahia avec son ami le célèbre écrivain Jorge Amado, elle évoque un sentiment nostalgique de la musique africaine. La pièce est marquée par un caractère agité, culminant dans une tension finale d’une forte intensité. Camargo Guarnieri raconte que sa danse brésilienne Dança Brasileira est rattachée à des souvenirs d’enfance : au Brésil, on célèbre l’abolition de l’esclavage le 13 mai et, de sa maison sur une des collines de la ville Tietê, il entendait le rythme des danses noires de ces célébrations. Ces trois danses sont considérées comme un triptyque. 

Fabio Martino ajoute Lundu, une des ses pièces les plus complexes pour piano solo, un défi énorme pour les pianistes. Tandis qu’une main joue la mélodie principale, l’autre développe des contre-mélodies dans un “moto perpetuo” effréné, se terminant par de grands accords dissonants. Le titre fait référence à un genre musical d’origine africaine qui était très populaire au Brésil.

Bailecito de Carlos Gustavino, tiré d’une danse folklorique du nord de l’Argentine, clôture le CD dans une atmosphère de mystère avec des mélodies d’une immense beauté.

Fabio Martino assure la relève de ses aînés Magda Tagliaferro et Nelson Freire.

Son : 9 Livret : 10     Répertoire : 9   Interprétation : 10

Carlo Schreiber


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